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Le peintre Noureddine Fathy, l’arpenteur de la question esthétique

كتبـه said fardy الاثنين، 22 يناير 2018 | 5:10:00 ص


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الوقائـع الفنـي

Le peintre Noureddine Fathy, l’arpenteur de la question esthétique

Hassan Laghdache


« Les formes s’engendrent et se transforment.

Elles s’échangent et créent ainsi la 
Réalité d’un univers de signes et de 
Symboles où les figures passent d’un règne 
A l’autre, touchent d’un pied aux racines,
et vont se perdre dans la chevelure 
Des constellations. C’est comme une espèce de
Langage secret, composé des formules 
d’enchantement, et qui est d’avant les mots, 
du temps où ce que les hommes imaginaient, 
pressentaient, était plus vrai, plus réel 
Ce qu’ils voyaient ».

 Joan Miró, 1958


Depuis l’antiquité, et sans doute depuis plusieurs dizaines de milliers d’années, il y eut des peintres au Maroc. Toni Maraini observe, à juste raison, qu’il y a 80 000 ans, les hominidès qui précédèrent Homo Sapiens au Maroc passaient déjà des peintures ocre sur les os de leurs morts. Or ces peintres ne se pensaient pas comme artistes. Il s’agissait d’hommes ordinaires, peut être d’artisans, qui produisaient des décors non signés sur des supports fonctionnels, poutres de plafonds ou planches et murs, intertices dans des entrelacs de plâtre pour les siècles les plus récents. On pourrait aussi évoquer les femmes qui décoraient les corps humains avec du henné ou du tatouage. Dans tous les cas, il s’agit bien des peintres puisque ces personnes utilisaient des pigments et des liants, jouant de formes et de couleurs. Simplement, elles ignoraient le type particulier de support qui est la toile, voir le papier, l’huile etc

Contrairement à ce qu’on croit habituellement ou à ce qu’on lit couramment, la peinture de chevalet n’est pas une innovation radicale au Maroc qui daterait, soit des peintres occidentaux, beaucoup d’entre eux étaient orientalistes, apparus au XIX ème siècle, soit des peintres marocains qui entrent en activité au XX ème siècle. Elle est, en effet apparue au XVI ème siècle. Et chose, plus curieuse, il ne s’agit pas d’un phénomène qui a été proposé ou imposé par des peintres venus de l’étranger, on a été en face d’une demande marocaine venue de l’autorité suprême du pays, celle d’un sultan saâdien qui se présentait comme étant le descendant en ligne directe du prophète. C’est donc à l’instigation d’une des plus hautes autorités du monde musulman de l’époque ou par certains notables que la peinture à l’huile sur toile a été introduite au Maroc. Et le cas n’est pas unique puisqu’au même moment, les Turcs procèdent de même, demandant eux aussi que des peintres leur soient envoyés depuis l’Italie où la mutation que fut l’apparition de la peinture moderne venait de s’opérer. A une extrémité du monde musulman, les sultans Moghols eurent la même attirance pour la peinture figurative utilisant des moyens radicalement nouveaux. Dès lors, il conviendrait de remettre en question l’expression de « révolution iconologique » qui aurait eu lieu au Maroc au XX ème siècle alors qu’elle a été explicitement proposée dans notre pays au XVI ème siècle par des marocains et non des étrangers venus d’Europe, ce que presque voulait ignorer la majorité 
Dans ce contexte, une présentation de Nourddine Fathy est sans doute l’occasion d’apprendre quelque chose sur le champ des arts plastiques et des arts visuels actuellement avec une dynamique qui se produit autour de l’abstraction. Est-elle due à des influences extérieures? Ou s’agit-il d’un mouvement totalement intérieur à l’évolution de la société marocaine et au profit du peintre lui-même. La peinture de Fatihi est-elle recherche de l’autonomie de la ligne, de la forme et de la couleur comme expression immédiate de l’esprit et comme pouvoir de suggestion ? Son œuvre est-elle la résultante d’un cogito qui exprime l’intériorité 

 Dans le cas de Fathy, l’art doit être compris à partir de l’artiste lui-même. Son expérience se range du côté de « l’esthétique de Pygmalion » , comme disait Deleuze: chaque œuvre naît d’une dualité générationnelle , d’un combat perpétuel où la réconciliation n’intervient que périodiquement. Ce qui frappe dans ses œuvres, c’est la largeur de vue 

Il s’agit d’esthétique proprement parler. Le côté lumineux s’oppose dans ses œuvres à l’inverse de l’extase et du délire. Il figure ainsi l’amoralisme de l’instinct, voire l’effacement de la conscience de soi, au profit d’un sentiment plus vaste d’union, comme dans la transe musicale ; l’affirmation plus forte du réel , un « dire oui à la vie » dans toutes ses dimensions. A la limite de l’abstraction informe, l’absence de forme n’est pas une pure matière pour Fathy mais plutôt une force pure , une force cachée qui menace l’ordre trop bien ordonné.

Dieu est caché dans l’œuvre de Fathy, comme chez la plupart des calligraphes ; il est à la fois perceptible et totalement imperceptible par les signes diacritiques occultés qui accompagnent et qui modèlent son œuvre.
Référence à l’artiste dans la mesure où Fathy effectue un détour par l’extériorité pour se dire soi-même dans une forme d’étrangeté qui commence avec le stade du miroir et qui se poursuit avec l’essai photographique. La particularité de Fathy est de donner à voir un art pariétal, comme les mains multi dimensionnées pour se réaliser lui-même. En fait, celui qui cherche la connaissance doit en effet multiplier les points de vue avec lesquels il doit jouer, selon un pluriperspectivisme affirmé comme tel : il n’y a pas des faits chez le peintre Fatihi, il n’ y a que des interprétations . Pour lui , le monde tout entier se justifie comme phénomène esthétique. L’artiste incarne la figure même de celui qui s’enterre dans la réalité, pour mieux la magnifier. En créant son monde, l’artiste recrée sans cesse le monde. La création de Fatihi est autotélique sans être solipsiste. Il se donne à soi-même sa propre loi pour mieux rencontrer l’autre. Un dernier geste caractérise l’œuvre de Fatihi, c’est que le fond de sa pensée se fait entendre par la forme. Celle-ci se caractérise par son éclatement, ou plutôt son envahissement progressif. Ce que réalise Fathy, C’est en somme le brouillage conscient des frontières entre peinture et philosophie : son style est une transe de la pensée. Sa peinture se mue ainsi en vocation accentuée en régime de singularité : comment devenir singulier quand le hors-norme devient norme, en pleine ruée vers l’art dématérialisé et éphémère 

La question est alors de savoir, s’il s’agit d’éliminer le sens de la toile comme écran illusionniste; ou au contraire, s’agit-il de rendre la toile mieux illusionniste tout en montrant avec plus d’insistance que « ceci n’est pas une toile ». Dans tous le cas, une réalité envahit la scène fictionnelle pour lui donner une réalité plus profonde que celle qui existe dans le prosaïsme du quotidien


 

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